À partir du 2 août 2026, l’AI Act devient pleinement applicable, et beaucoup de PME seront concernées sans pour autant développer des systèmes d’IA « à haut risque ». Le sujet le plus concret et le plus immédiat, sur le terrain, est la transparence : quand et comment informer qu’une IA intervient, et comment le prouver.
Dans ce playbook, vous allez clarifier ce qui s’applique vraiment au 2 août 2026, traduire l’Article 50 en actions par cas d’usage et par canal, puis structurer une méthode « audit-ready » : gouvernance, validations, preuves, registre, et plan de formation AI literacy orienté métiers. Pour vous repérer dans les dates clés, appuyez-vous sur la frise officielle de mise en œuvre : AI Act Service Desk – implementation timeline. Les références réglementaires citées s’appuient notamment sur le Règlement (UE) 2024/1689 (EUR-Lex) et l’AI Act Service Desk. Les bonnes pratiques sur données personnelles et confidentialité s’alignent sur les recommandations de la CNIL.
Note importante : cet article est une synthèse opérationnelle et ne constitue pas un conseil juridique. Adaptez les mentions et les processus à vos usages, vos risques et votre secteur, et validez en interne.

Comprendre le 2 août 2026 sans se tromper de sujet
Ce qui change réellement pour une PME à cette date
Le 2 août 2026 est un jalon central, car l’AI Act est alors « pleinement applicable » selon la frise de mise en œuvre présentée par l’AI Act Service Desk. Concrètement, pour une PME, le chantier le plus transversal n’est pas forcément la conformité « technique » d’un produit complexe, mais la capacité à démontrer une utilisation maîtrisée de l’IA dans les opérations quotidiennes : relation client, marketing, support, recrutement, production de contenus, assistants internes.
Repères calendrier (source officielle)
- 1er août 2024 : entrée en vigueur de l’AI Act.
- 2 février 2025 : application des premières dispositions (dont l’interdiction de certaines pratiques).
- 2 août 2025 : application d’un nouveau jalon, notamment pour certains sujets liés aux modèles d’IA à usage général.
- 2 août 2026 : application large, avec un enjeu particulièrement opérationnel pour les PME : transparence (Article 50), organisation interne, preuves, formation.
- 2 août 2027 : application de certaines obligations avec une temporalité plus longue, souvent associées à des cas plus structurants.
Pour vérifier le détail des jalons et éviter les confusions, reportez-vous à la frise officielle : AI Act Service Desk – implementation timeline.
Ce qui devient critique, c’est votre aptitude à répondre à des questions simples, mais obligeantes : où l’IA intervient-elle, quand informez-vous l’utilisateur, qui valide, quelles preuves conservez-vous, comment formez-vous vos équipes. C’est précisément l’esprit « audit-ready » : pas uniquement des intentions, mais des éléments vérifiables.
- À retenir : le 2 août 2026 concerne surtout des obligations applicables à grande échelle en entreprise, dont la transparence.
- À retenir : vous pouvez être concerné même si vous n’avez pas de systèmes « à haut risque ».
- À retenir : la différence fournisseur et déployeur change ce que vous devez faire, mais n’annule pas vos obligations.
- À retenir : l’enjeu n’est pas seulement d’afficher une mention, mais d’avoir un processus et des preuves.
- À retenir : la formation AI literacy n’est utile que si elle colle à vos usages réels, par métiers, avec traçabilité.
Le piège classique : confondre transparence et systèmes à haut risque
Dans beaucoup d’entreprises, la discussion démarre par « sommes-nous à haut risque ». C’est souvent une mauvaise porte d’entrée, car elle peut faire rater le sujet le plus probable : les obligations de transparence associées à des usages très courants, notamment l’IA générative et les systèmes interactifs.
Pour rester opérationnel, gardez quelques définitions simples, issues du Règlement (UE) 2024/1689 (EUR-Lex) : un système d’IA est un système qui infère à partir d’entrées pour produire des sorties (contenu, prédictions, recommandations, décisions). Le fournisseur met sur le marché ou met en service un système d’IA. Le déployeur utilise un système d’IA dans le cadre de son activité. Dans la plupart des PME, vous êtes très souvent déployeur (vous utilisez un outil), et parfois fournisseur (vous intégrez une IA dans un produit ou un service livré au client).
Autre notion clé : le contenu synthétique (texte, image, audio, vidéo) généré ou manipulé par IA. Dès que ce contenu est rendu public ou présenté à des utilisateurs, la transparence devient un sujet concret, avec des obligations et des exceptions à comprendre correctement.
Votre entreprise est-elle fournisseur ou déployeur
Utilisez ce repère simple pour cadrer vos responsabilités. Il ne remplace pas une analyse détaillée, mais il vous évite de partir dans la mauvaise direction dès le départ.
| Situation | Rôle probable | Conséquence |
|---|---|---|
| Vous déployez un chatbot sur votre site pour répondre aux questions clients. | Déployeur. | Vous devez organiser l’information de l’utilisateur au bon endroit, et prouver que c’est en place. |
| Vos équipes utilisent un outil IA SaaS pour résumer des appels, rédiger des emails ou produire des visuels. | Déployeur. | La transparence peut dépendre de la sortie et du canal. L’enjeu principal est le processus interne et la formation, plus que l’outil lui-même. |
| Vous vendez un logiciel qui inclut une fonctionnalité IA visible par vos clients. | Fournisseur, et aussi déployeur si vous l’utilisez vous-même. | Vous devez traiter la transparence côté produit, ainsi que les responsabilités associées à la mise sur le marché. |
| Vous faites développer une IA sur-mesure par un prestataire, mais c’est votre marque qui la propose au client. | Souvent fournisseur, même si la réalisation est sous-traitée. | Vous devez clarifier contractuellement qui fait quoi, et garder la main sur la conformité et la communication utilisateur. |
Quelles obligations AI Act sont les plus actionnables dès le 2 août 2026
Si vous devez prioriser, visez d’abord ce qui se voit et se vérifie facilement : la transparence, l’organisation interne, et la capacité à démontrer que vos équipes savent quoi faire. Les obligations exactes et leur interprétation pratique sont détaillées par l’AI Act Service Desk pour l’Article 50 – obligations de transparence. Les lignes directrices de la Commission européenne complètent ces ressources, notamment sur la répartition pratique des responsabilités entre fournisseurs et déployeurs.
- Résumé exécutable : identifiez vos points de contact IA avec l’externe, ajoutez des mentions adaptées, mettez en place un circuit de validation, puis conservez des preuves simples et répétables.
Focus Article 50 : les obligations de transparence à connaître
Sans entrer dans un langage juridique, l’Article 50 vise à éviter la tromperie : l’utilisateur doit comprendre quand une IA intervient, et quand un contenu est synthétique ou manipulé d’une manière pertinente.
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Informer quand une personne interagit avec un système d’IA
Exemple : un chatbot de support sur votre site doit indiquer clairement qu’il s’agit d’un assistant automatisé, et proposer une voie de contact humaine si votre modèle de service le prévoit. -
Informer ou marquer certains contenus générés ou manipulés
Exemple : si vous publiez une image générée pour une campagne, une mention de type « visuel généré avec assistance IA » peut être appropriée selon le contexte et le risque de confusion. -
Cas particuliers liés aux contenus trompeurs, dont les deepfakes
Exemple : si vous diffusez une vidéo où une personne semble dire ou faire quelque chose qui n’a pas eu lieu, l’obligation vise à ce que ce caractère artificiel soit signalé clairement au public visé. -
Transparence sur certains usages sensibles
Selon les cas prévus par le règlement et expliqués dans les ressources officielles, certains systèmes peuvent exiger une information spécifique, notamment lorsque la perception de l’utilisateur peut être fortement influencée. Pour une PME, la bonne approche est de détecter ces cas tôt et d’escalader au référent interne.
Point clé : les lignes directrices publiées par la Commission européenne sur ces obligations insistent sur une mise en œuvre praticable et proportionnée, adaptée aux rôles respectifs (qui conçoit et met à disposition, et qui déploie au contact de l’utilisateur final).
Comment savoir si votre usage déclenche une obligation de transparence
Voici un arbre de décision très simple pour trier vos cas d’usage. Il est volontairement pragmatique : il vous aide à décider « faut-il une mention » et « où », avant d’affiner.

- Si un client échange avec un chatbot ou un voicebot, alors prévoyez une mention explicite au point d’entrée, et à nouveau si le contexte peut prêter à confusion.
- Si vous publiez un texte, une image, une vidéo ou un audio généré ou fortement retouché par IA, alors prévoyez une mention au niveau de la publication, calibrée au risque de tromperie.
- Si l’IA réécrit un email en interne et qu’il est ensuite envoyé à un client, alors la question devient : l’email présente-t-il un contenu susceptible d’induire en erreur sur son origine ou son authenticité. Dans beaucoup de cas, l’obligation ne se gère pas par une mention automatique, mais par un process de relecture et une charte d’usage.
- Si l’IA ne fait qu’assister un employé sans exposer directement l’utilisateur à un système d’IA, alors l’obligation de transparence est souvent moins directe, mais la formation, la confidentialité et la traçabilité restent essentielles.
- Si vous intégrez une fonctionnalité IA dans un produit utilisée par vos clients, alors vous devez traiter la transparence dans l’interface, la documentation et le support, avec un responsable produit clairement identifié.
Article 50 en pratique : où mettre les mentions et quoi conserver comme preuve
La faiblesse la plus fréquente n’est pas l’absence d’intention, mais l’absence de répétabilité : une PME ajoute une mention sur le site, puis oublie l’emailing, les réseaux sociaux, le support, ou les documents commerciaux. L’objectif ici est de transformer l’Article 50 en mécanique opérationnelle : actions, responsables, et preuves simples.
Le tableau opérationnel obligations vers actions vers responsable vers preuve
Comme vous ne gérez probablement pas un référentiel « conformité IA » outillé comme un grand groupe, partez d’un registre léger. Voici un format « citable » que vous pouvez copier dans un document interne.
| Obligation Article 50 | Cas d’usage PME | Où afficher la mention | Responsable de validation | Preuve à conserver |
|---|---|---|---|---|
| Informer qu’il s’agit d’un système d’IA lors d’une interaction | Chatbot site, chatbot intranet exposé à des partenaires | Widget de chat au démarrage, message d’accueil, page support si le chat est l’entrée principale | Responsable support ou responsable expérience client, avec relecture conformité ou qualité | Capture d’écran horodatée, version du script de message, ticket de mise en production, log de déploiement |
| Transparence sur contenu généré ou manipulé selon le contexte | Visuel de campagne, article optimisé SEO rédigé avec assistance IA, vidéo promotionnelle partiellement synthétique | Sous-post réseaux sociaux, pied de publication, crédits en fin de vidéo, mention dans une slide de présentation si diffusion externe | Responsable marketing ou communication, avec validation direction si sujet sensible | Export du post, copie de la création source, brief de campagne, historique de version, checklist de publication signée |
| Traiter le cas deepfake ou contenu trompeur de manière claire | Avatar vidéo d’un dirigeant, clonage de voix pour une démo, imitation réaliste d’une personne identifiable | Dès l’introduction du contenu, et dans les métadonnées ou crédits si votre canal le permet | Direction, communication, et référent juridique ou conformité selon organisation | Script validé, capture de la mention, procès-verbal de validation, enregistrement de la version publiée |
| Organiser la transparence quand une IA est embarquée dans une offre | Fonctionnalité assistant dans un logiciel, recommandations automatisées visibles par l’utilisateur | Interface produit, onboarding, centre d’aide, termes d’usage si applicable | Responsable produit, avec IT et support | Spécifications fonctionnelles, captures des écrans, notes de version, tests de recette, logs d’activation |
Exemples de mentions prêtes à adapter selon vos canaux
Les textes ci-dessous sont des exemples. Ils doivent rester vrais, compréhensibles et adaptés à votre contexte. Évitez les formulations qui prétendent « garantir » une conformité. L’objectif est d’informer loyalement, comme attendu par l’Article 50 (référencé par l’AI Act Service Desk).
Mentions pour un site web
- Chatbot : « Vous échangez avec un assistant automatisé basé sur l’intelligence artificielle. »
- Chatbot avec escalade : « Assistant IA : réponse automatisée. Si besoin, demandez à parler à un conseiller. »
- Base de connaissances : « Certaines réponses sont générées avec assistance IA et relues avant publication. »
Mentions pour l’emailing
- Campagne marketing : « Message rédigé avec assistance IA et relu par notre équipe. »
- Support suite à ticket : « Brouillon généré avec assistance IA, vérifié avant envoi. »
Mentions pour les réseaux sociaux
- Visuel généré : « Visuel généré ou retouché avec assistance IA. »
- Vidéo avec éléments synthétiques : « Cette vidéo contient des éléments générés avec assistance IA. »
Mentions pour le support client
- Chat support : « Réponses automatisées par IA. Merci de vérifier les informations importantes ou demandez une confirmation humaine. »
- Centre d’aide : « Articles mis à jour avec assistance IA, sous supervision de l’équipe support. »
Mentions pour le commercial
- Compte-rendu : « Compte-rendu généré avec assistance IA à partir de notes, vérifié avant envoi. »
- Proposition : « Document préparé avec assistance IA, validé par notre équipe. »
Le bon niveau de transparence : être clair sans surcharger l’expérience client
La transparence doit être utile, pas punitive. Les lignes directrices de la Commission européenne vont dans le sens d’une information compréhensible et contextualisée. En pratique, visez la clarté là où l’utilisateur peut être influencé, induit en erreur, ou exposé à un contenu synthétique.
- À faire : mention courte, visible, au bon moment ; vocabulaire simple ; cohérence sur tous les canaux ; procédure de validation.
- À éviter : pavé illisible ; mention cachée en bas de page ; formulation ambiguë (« peut contenir de l’IA ») ; multiplier les mentions internes inutiles au point de réduire l’attention sur les cas réellement sensibles.
La méthode PME en 10 étapes pour être prêt avant le 2 août 2026
Cette méthode est conçue pour une PME : peu de bureaucratie, mais des livrables qui tiennent en cas de question d’un client, d’un partenaire, ou d’un contrôle. Elle s’aligne sur l’esprit des ressources officielles : AI Act Service Desk pour le calendrier et l’Article 50, EUR-Lex pour les définitions, Commission européenne pour l’interprétation pratiques des obligations de transparence.

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Nommer un pilote
Livrable : un référent IA Act identifié, avec mandat et périmètre. -
Cartographier les usages IA internes et externes
Livrable : une liste des outils, cas d’usage, équipes, canaux, publics exposés. -
Qualifier vos rôles et vos prestataires
Livrable : pour chaque usage, rôle fournisseur ou déployeur, et responsabilités clés. -
Classer les usages par exposition
Livrable : un tri simple : public, clients, RH, données personnelles, contenu sensible. -
Définir des règles de transparence par scénario
Livrable : une matrice « scénario → mention → emplacement » basée sur l’Article 50. -
Mettre en place un circuit de validation
Livrable : un RACI court « qui rédige, qui valide, qui publie, qui archive la preuve ». -
Créer un registre simple des usages IA
Livrable : un tableau interne avec : usage, outil, données utilisées, canal, mention, responsable, date de revue. -
Mettre en place les preuves
Livrable : un dossier par canal avec captures, journaux, versions, procédures et tickets. -
Former les équipes
Livrable : parcours AI literacy par métier, exercices, quiz, attestations ou traçabilité. Pour structurer rapidement un plan réaliste en PME, vous pouvez vous appuyer sur ce parcours de formation à l’IA en 2026. -
Réviser trimestriellement
Livrable : une courte revue des nouveaux outils, nouveaux usages, incidents, et mise à jour des mentions.
Pour piloter sans complexifier, une checklist d’une page est souvent le meilleur format : cartographie des usages, mentions par canal, RACI, preuves à archiver, formation par métier, et rythme de revue. Si vous voulez l’industrialiser sans alourdir vos équipes, l’accompagnement IA permet généralement de cadrer les livrables, les validations et la traçabilité en quelques itérations.
Former ses équipes : construire une AI literacy utile
La formation n’a de valeur que si elle change les comportements au quotidien : ce que l’on publie, ce que l’on vérifie, ce que l’on ne doit jamais coller dans un outil, et quand on escalade. L’AI Act met l’accent sur la montée en compétence des personnes qui utilisent l’IA. En parallèle, les recommandations de la CNIL sur l’IA générative sont un socle simple pour définir des règles concrètes de confidentialité et de données personnelles. Pour passer de principes à des réflexes métiers, vous pouvez vous appuyer sur ce plan d’action de formation en PME.
Les objectifs concrets d’une formation AI literacy en PME
- Savoir reconnaître quand une IA intervient et identifier les situations où une mention est attendue.
- Savoir vérifier avant publication ou envoi : faits, sources, chiffres, citations, cohérence d’un message.
- Savoir protéger les données : données personnelles, secrets d’affaires, informations clients, documents internes.
- Savoir gérer les risques typiques : hallucinations, biais, contenus trompeurs, deepfakes, confusion sur l’origine.
- Savoir escalader : identifier les cas sensibles (RH, fraude, réputation) et déclencher une validation renforcée.
Parcours par fonctions : qui former à quoi en priorité
Ci-dessous, un découpage qui fonctionne bien en PME. L’idée est de former « juste assez, juste pour les bons usages », puis de renforcer selon l’exposition.
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Direction
Compétences : gouvernance, arbitrages, risques, priorisation, cadre d’usage
Exercices : validation d’un RACI, simulation d’incident public avec IA, arbitrage sur un cas d’usage sensible
Preuves : compte-rendu de décision, charte IA signée, revue trimestrielle documentée -
Marketing et communication
Compétences : transparence des contenus, ligne éditoriale, process de validation, lutte contre le trompeur
Exercices : publier 3 posts avec variantes de mentions, revue critique d’un contenu généré, checklist pré-publication
Preuves : checklists signées, exemples archivés, procédure de validationPour ancrer ces réflexes sur vos canaux, la formation IA marketing et communication peut servir de base de mise en pratique.
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Support et vente
Compétences : usage d’assistants, contrôle humain, promesses commerciales, gestion des réponses automatisées
Exercices : transformer un brouillon IA en réponse conforme, détection d’une hallucination, rédaction d’un message de transparence en chat
Preuves : quiz, grilles de contrôle qualité, échantillons de conversations avec validationSur les parcours de service, la formation IA service client et support aide à standardiser mentions, relectures et preuves.
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RH
Compétences : usages sensibles, recrutement, communication interne, gestion des données
Exercices : analyse d’un CV sans données inutiles, rédaction d’une règle « données interdites », simulation de demande candidat
Preuves : procédure RH, documents d’onboarding, registre des outils autorisés -
IT et data
Compétences : cadrage des outils, droits d’accès, sécurité, intégrations, journalisation
Exercices : paramétrer un outil autorisé, mettre en place un stockage de preuves, revue des permissions
Preuves : registre des accès, logs, procédure de gestion des outils et des incidents -
Produit
Compétences : IA embarquée, information utilisateur, tests, suivi des versions, retours et incidents
Exercices : écrire un message d’interface qui informe sans surcharger, plan de test de réponses, scénario d’erreur publique
Preuves : spécifications, notes de version, captures d’écran, tickets de recette
Comment prouver la formation en cas de contrôle ou d’audit
Dans une approche « audit-ready », il ne suffit pas d’avoir formé. Il faut pouvoir le démontrer. Voici une liste de traçabilité simple, compatible avec une PME.
- Registre des formations : dates, publics, objectifs, durée, formateur, supports.
- Feuilles d’émargement ou équivalent numérique.
- Quiz de fin de module et seuil de validation.
- Attestations internes de suivi ou certificats lorsque c’est applicable.
- Module intégré à l’onboarding : preuve que chaque nouvel arrivant est formé.
- Historique des mises à jour : quand la charte et les règles de transparence changent, qui a été informé.
Intégrer la formation à la gouvernance : charte IA et procédures
Pour éviter la formation « gadget », reliez-la à des livrables concrets. Les recommandations de la CNIL sur l’IA générative aident à structurer une charte utile, notamment sur ce qui ne doit pas être envoyé dans un outil et sur les données personnelles.
- Charte d’usage IA : outils autorisés, données interdites, règles de relecture, niveau de validation requis.
- Guide de transparence : quand déclarer l’IA, où placer les mentions selon les canaux, messages types.
- Procédure de validation des contenus et interactions : RACI court, délais, cas d’escalade.
- Process incident : quoi faire en cas de contenu trompeur, erreur publique, suspicion de fuite, plainte client.
Erreurs fréquentes des PME et quick wins
Pour gagner du temps, voici les erreurs que l’on retrouve le plus souvent lors des audits internes, puis des actions rapides pour reprendre le contrôle sans immobiliser l’activité.
Erreurs de périmètre
- Erreur : « Nous ne sommes pas concernés car nous ne faisons pas d’IA à haut risque »
Conséquence : mentions absentes sur les canaux visibles, risque réputationnel et non-conformité sur la transparence
Correctif : cartographiez les usages exposés au public et appliquez l’Article 50 en premier - Erreur : « Le prestataire gère tout »
Conséquence : flou sur qui informe l’utilisateur, qui conserve les preuves, qui répond en cas de question
Correctif : clarifiez fournisseur et déployeur, formalisez le RACI et gardez vos preuves côté entreprise
Erreurs opérationnelles
- Erreur : mentions oubliées sur un canal récurrent, par exemple réseaux sociaux ou emailing
Conséquence : incohérence et exposition publique répétée
Correctif : créez 3 mentions standard et imposez une checklist de publication - Erreur : absence de preuve, ou preuves introuvables
Conséquence : impossible de démontrer que les mentions étaient actives à une date donnée
Correctif : mettez un dossier « preuves » par canal, avec captures horodatées et tickets de mise en production - Erreur : formation non traçable ou déconnectée des usages réels
Conséquence : bonnes intentions, mais comportements à risque qui persistent
Correctif : formez par métier, sur vos cas concrets, avec quiz et intégration onboarding
Quick wins en 30 jours
- Faites une cartographie « 80 20 » : 10 usages IA maximum, ceux qui touchent clients et public.
- Rédigez 3 mentions standard : chatbot, visuel généré, brouillon assisté et relu.
- Ajoutez une checklist de publication marketing et support, avec un responsable valideur.
- Créez un registre minimal des usages IA : un tableau partagé et à jour.
- Organisez un module de 90 minutes par équipe exposée : marketing, support, commercial, RH. Vous pouvez partir de ce parcours de formation IA en PME et l’adapter à vos cas réels.
- Définissez une règle « données interdites » alignée avec les recommandations CNIL, et faites-la signer.
- Mettez en place un rituel mensuel de revue : nouveaux outils, nouveaux prompts, nouveaux contenus publiés.
Conclusion : votre plan d’action avant août 2026
Pour une PME, la meilleure stratégie n’est pas d’empiler des documents, mais d’installer une mécanique simple : transparence visible quand l’utilisateur est exposé, process de validation, preuves faciles à retrouver, et formation AI literacy ancrée dans les usages. En vous appuyant sur le texte de référence EUR-Lex, sur l’AI Act Service Desk pour le calendrier et l’Article 50, sur les lignes directrices de la Commission européenne pour l’interprétation pratique, et sur la CNIL pour les réflexes données, vous réduisez vos risques juridiques, réputationnels et opérationnels.
- Si vous ne faites que ça : cartographiez vos usages IA exposés.
- Si vous ne faites que ça : standardisez des mentions par canal et imposez une checklist.
- Si vous ne faites que ça : définissez un RACI et un circuit de validation.
- Si vous ne faites que ça : conservez des preuves simples et horodatées.
- Si vous ne faites que ça : formez par métier et rendez la formation traçable.
FAQ
Est-ce que toutes les PME sont concernées par l’AI Act dès le 2 août 2026
Beaucoup de PME sont concernées dès qu’il existe un point de contact IA côté client ou public, par exemple un chatbot, un voicebot, ou des contenus générés ou manipulés publiés. Un usage strictement interne n’implique pas forcément une mention, mais exige un cadre : process, relecture, confidentialité et formation traçable.
Si j’utilise ChatGPT ou un outil IA SaaS en interne, ai-je des obligations de transparence
Pas forcément sous forme de mention, si l’usage reste interne et non exposé au public. En revanche, vous devez encadrer l’usage : règles de relecture, confidentialité, données personnelles, et formation AI literacy. Si le contenu produit est ensuite diffusé à l’externe, la question de transparence peut se poser selon le contexte.
Quelles mentions afficher pour un chatbot sur mon site et où les placer
Visez une mention courte et visible dès le point d’entrée : dans le widget de chat, le message d’accueil, et idéalement près des éléments où l’utilisateur commence à saisir des informations. Exemple : « Vous échangez avec un assistant automatisé basé sur l’intelligence artificielle. » Adaptez et validez selon vos parcours.
Quelles preuves conserver pour démontrer la conformité à l’Article 50
Conservez des preuves simples, répétables et datées : captures d’écran des mentions, versions de messages du chatbot, tickets de mise en production, exports de posts, checklists de publication signées, notes de version produit et journaux de déploiement. L’objectif est de pouvoir montrer ce qui était affiché, quand, et sous quelle validation.
Comment organiser une formation AI literacy efficace et traçable pour mes équipes
Formez par métiers et par usages réels : marketing, support, vente, RH, IT, produit et direction. Ajoutez des exercices concrets (relecture, détection d’erreurs, règles données), puis tracez : émargement, quiz, attestation et intégration à l’onboarding. Appuyez-vous sur les recommandations de la CNIL pour la confidentialité et les données personnelles.

